Témoignage: mon stage d’accréditation

Témoignage: mon stage d’accréditation

Lorsque j’ai rencontré l’équipe pédagogique lors du CESC du collège pour présenter l’outil PEACE et ma demande de stage, j’ai immédiatement senti une grande ouverture et une réelle envie de participer à une expérience nouvelle.

Il fut donc décidé de poser deux interventions avec la professeur de Français, Aurélie Guillaume et la professeur d’anglais, Laeticia Boisson. Toutes les deux furent très vite séduites par la démarche et n’ont eu aucun mal à me laisser leur classe durant les 10 mn de méditation.

C’était la première fois que je guidais une méditation et je me souviens combien mon cœur battait lors de la première séance. Toutefois, rapidement, j’ai observé que les enfants étaient curieux et attentifs à cette proposition.

Et ils n’ont jamais lâché cette attitude et même l’ont approfondi : au fil des 10 semaines j’ai vu et ressenti les jeunes collégiens dans une nouvelle façon d’être : ceux qui au départ, n’arrivaient pas à rester immobiles, ont trouvé leur point d’ancrage et de l’intérêt à la méthode. Il a été encore plus facile de les garder attentifs dès lors que je les ai laissés faire le rituel d’introduction et de fermeture : de cette manière, je leur laissais à leur tour exprimer leur envie de progresser. De plus, le cahier de méditation dans lequel les enfants écrivaient leur ressenti m’a permis de recueillir des témoignages sur comment était vécu cet atelier : certains écrivaient : « je me sens tout doux dans mon corps », « j’espère refaire la cascade émotionnelle »…

Les enseignantes ont aussi été très surprises de voir les changements dans la concentration et la gestion du stress au moment des évaluations : elles reprenaient même des exercices de méditation qu’elles avaient précédemment effectués.

La dernière semaine de transmission et de partage fut particulièrement forte car le moment d’échange m’a montré combien l’altruisme et l’ouverture de cœur peuvent être développés et permettre un mieux vivre ensemble.

Collège de Pont Rousseau à Rezé (44) – Patricia PINNA, Mars 2018

Note: Patricia a envoyé son témoignage et a été sélectionnée pour une intervention à la journée d’étude VIPS² et Enjeu[x] « Corps, Emotion et Education ». Elle parlera du programme P.E.A.C.E lors de cet évènement. Merci Patricia!

Témoignage Enseignante

Témoignage Enseignante

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Le programme PEACE réussit à mener les élèves d’une découverte d’eux-mêmes et de leurs ressources intérieures vers une découverte de l’autre et de la relation aux autres.

J’ai animé pour la première fois le programme PEACE (en vue de mon accréditation) auprès d’un groupe de 15 élèves volontaires de la 6ème à la 4ème au Collège Irène Joliot-Curie de Fontenilles en Haute-Garonne du mois de novembre au mois de février.

J’enseigne l’anglais dans cet établissement depuis 2008 mais c’est la première fois que j’enfilais le costume d’intervenante stagiaire AME, avec une certaine émotion…

L’aventure s’est révélée passionnante. Les élèves (14 filles et 1 garçon) ont très vite manifesté leur envie de mettre en commun leurs émotions et leurs besoins. Ils ont vite intégré les bienfaits de créer une bulle de pleine présence sur le temps de l’atelier : se retrouver, sortir les tapis de sol, mettre les chaises en cercle, écouter le son des cymbales tibétaines, s’ancrer, respirer, repérer sa météo intérieure, s’imaginer être un arbre ou une montagne, sentir une petite plume parcourir son corps pour le scan corporel, etc.

Les premières séances sur l’ancrage, la respiration et l’attention au corps m’ont paru très importantes. La prise de conscience de ces points a été une révélation pour beaucoup d’élèves et le scan corporel a été plébiscité par tous. Certaines élèves l’ont même intégré à leur rituel d’endormissement à la maison.

La deuxième partie importante du programme a été la découverte de sa météo intérieure et de ses ressources intérieures. J’ai proposé aux élèves de tenir un petit cahier de bord chez eux pour prendre conscience de leurs ressources intérieures (qualités, compétences, expériences positives au jour le jour). Ces séances ont été riches d’échanges et de partages. Certains ont apporté d’une séance à l’autre leurs cahiers. D’autres ont imaginé de courtes méditations dans lesquelles ils y ont invité leur chat, leur chien ou leur arbre préféré !

Le programme PEACE réussit à mener les élèves d’une découverte d’eux-mêmes et de leurs ressources intérieures vers une découverte de l’autre et de la relation aux autres. Je trouve que le programme dans sa progression permet vraiment aux élèves de prendre confiance en eux, d’intégrer les outils qui peuvent leur permettre au quotidien (au collège ou à la maison) de se recentrer, de se poser et se sentir mieux avec eux-mêmes et avec les autres.

J’ai le plaisir de pouvoir poursuivre cet atelier sur une deuxième session de mars à mai et je prépare une troisième session pour la préparation au brevet avec des élèves de troisième pour le mois de juin. L’aventure se poursuit, les petits ruisseaux font les grandes rivières, dit-on.

Anne Despréaux, Collège Irène Joliot-Curie, Fontenilles, Haute-Garonne.

 

Témoignage d’une instructrice P.E.A.C.E – école de la mairie, Clamart

Témoignage d’une instructrice P.E.A.C.E – école de la mairie, Clamart

Voilà, j’ai terminé ce premier programme des 20 séances PEACE.

J’ai l’habitude de conduire des groupes MBSR avec des adultes. C’est avec une petite appréhension que j’ai commencé le programme dans des classes de CP, de CE1, et de CE2. Des classes chargées avec environ de 25 élèves. Les maîtresses les avaient bien préparés à me recevoir et je les en remercie. Certains enfants au nom de “méditation” se sont tout de suite assis par terre en lotus, les yeux fermés! Mais c’est sur leur chaise que j’ai commencé à les faire respirer ! Il ne s’agit pas d’imiter une posture mais d’être présent là où l’on est, tel que l’on est: le programme PEACE ne commence – t’il pas par la lettre P qui signifie Présence? Assis dans la classe, debout en marchant, dans l’escalier, en faisant des mouvements, dans la cour, attentif à son présent..

Quant au E d’Ecoute et au A d’Attention, le son de la cloche mobilise beaucoup les enfants et nous avons pu “écouter” le beau silence et porter attention à nos sensations corporelles, à ce qui se passait dans notre tête et dans nos coeurs. Nous avons aussi mis nos émotions dans une jolie boîte: jaune–joie, rouge-colère, vert-peur, bleu-tritesse.. et ceux qui avaient beaucoup de jaune-joie en ont donné à ceux qui n’en avaient pas. En effet, il y a aussi de la colère et de la tristesse chez ces enfants qui vivent parfois des choses difficiles.

Comment les accompagner? Est-ce que la méditation les apaise? Pour la plupart, c’est un apport infiniment précieux, et j’ai eu l’étonnement, lors de la dernière séance, de constater que certains qui me semblaient ne pas être “rentrés dedans” en avaient tout de même reçu des bénéfices.

Le body-scan de la coccinelle qui parcourt chaque partie du corps a été pratiqué par des enfants comme moyen de s’apaiser avant de dormir. Je dois dire que les parents ont été favorables à P.E.A.C.E. et que certains pratiquent avec leurs enfants quand ce n’est pas l’enfant qui dirige son parent: ”mon père était tellement énervé que je l’ai fait respirer et ça lui a fait beaucoup de bien”, ”Quand mon frère est en colère, je l’aide à se calmer”, ou encore : « Quand ma mère est fâchée, je la fais respirer”

Les étirements, les mouvements en pleine conscience…euh, pas toujours en pleine conscience car cela peut être pour quelques- uns l’occasion de faire le clown, mais cela permet aux enfants qui conaissent mal leur corps ,“le coeur c’est où?”, d’entrer en contact plus consciemment avec leurs sensations.

Les équilibres facilitent la Concentration et j’ai pu voir une nette amélioration au cours des dernières séances.Ils ont adoré la marche méditative qui les tranquillise même si revenus à l’habitude, ils se bousculent dans l’escalier!

De toutes les façons, ils ont acquis un rituel commun que les maîtresses sont invitées à continuer, et un langage commun.

Le mot se passe: quand j’entre dans la cour, des enfants d’autres classes me demandent à chaque fois quand je vais venir les voir: ils sont curieux, c’est une belle qualité, et je suis heureuse de les rencontrer bientôt.

Christiane Rolin – Janvier 2018 – Ecole de la mairie, Clamart.

Le programme P.E.A.C.E arrive à Montréal

Le programme P.E.A.C.E arrive à Montréal

En moins de 2 ans, plus de 3800 enfants et jeunes pratiquent la méditation laïque durant la vie de classe en France, 290 instructeurs et enseignants ont été formés au seul programme P.E.A.C.E.
En mai 2017, la formation P.E.A.C.E débarque à Montréal.

Nous prévoyons une première formation en août 2017 et la création d’une antenne. Si vous êtes canadien francophone et vous sentez concerné par les apports de la méditation de pleine présence dans les écoles et auprès des enfants et des jeunes, si vous pensez que les enseignants devraient tous avoir accès à de telles formations et outils fin d’en bénéficier dans leur pratique et auprès de leurs élèves, rejoignez le mouvement et faites nous part de vos envies!

Pour découvrir, Solange Eon, l’un des piliers de l’association et du programme P.E.A.C.E, mènera une soirée découverte le 29 mai 2017 à Montréal: https://www.facebook.com/events/115716482344560

Un grand merci à l’anti-café de nous accueillir et à Nady Marro pour sa coordination et sa participation au lancement de notre chaine YouTube!  https://youtu.be/Bg5RMhIc8m4

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Le programme Peace dans l’enseignement : les possibles bienfaits de l’apprentissage de la méditation, de la pleine conscience et de la pleine présence.

Le programme Peace dans l’enseignement : les possibles bienfaits de l’apprentissage de la méditation, de la pleine conscience et de la pleine présence.

L’expérience pilote ‘Peace’

Depuis novembre 2014, nous expérimentons dans plusieurs établissements un programme pilote de 10 semaines de méditation minimum, dans le respect de la laicité propre à l’éducation nationale en France.

Ce programme a été baptisé: Peace. Initialement: ‘Pratique de l’Ecoute et de l’Attention Consciente à l’Ecole’. Depuis, en tenant compte des feedbacks et réflexions menées avec nos partenaires et établissements, nous l’avons redéfinit. Peace est devenu pratique de la Présence, de l’Ecoute, de l’Attention et de la Concentration dans l’Enseignement’.

Ce programme s’adresse aussi bien à l’école (maternelle, primaire) qu’à l’enseignement supérieur. Nous avons pu commencer à observer les effets d’une telle pratique de 10 minutes en début de cours, au sein de la classe et en présence des enseignants qui participent, ce non seulement avec des enfants de maternelle et primaire mais aussi avec des collégiens et bientôt des lycéens. Certains de nos instructeurs qualifiés ou en voie de qualification – nous formons à présent au programme Peace afin de répondre aux demandes croissantes- forment et transmettent également ce genre d’approche au sein de l’enseignement supérieur, dans les milieux sportifs et dans les entreprises.

Le programme Peace réunit des pratiques complémentaires sous forme d’un programme évolutif de 10 semaines minimun. Nous nous inspirons aussi bien du programme de pleine conscience développé par Jon Kabat-Zinn que des outils issus du brain gym et de l’EFT. Chaque séquence comporte en outre des exercices de yoga ou de Chi Gong, pratiques millénaires réputées pour leurs nombreux bienfaits en matière d’ancrage, de coordination, de centration de l’attention grâce au mouvement, ainsi que de l’harmonisation entre le corps et les pensées.

Cette combinaison est le fruit d’un travail collaboratif entre des instructeurs passionnés et expérimentés dans leurs domaines particuliers. Cet effort de synthèse et d’enchainement harmonieux a donné lieu à une méthodologie unique, qui ne cesse de s’enrichir de nos rencontres et interventions au sein des établissements ou en formation.

Nous portons une attention particulière au vocabulaire employé et à l’adaptation des séquences par groupe d’âge et objectif: ainsi, les plus petits aiment les exercices ludiques et similaires qu’ils peuvent répéter avec leurs parents et famille. Dès les classes de cours moyen en primaire, nous constatons que les enfants s’intéressent particulièrement à tout ce qui leur permet de mieux comprendre et agir sur leurs émotions. Ceci continue jusque dans l’enseignement secondaire et au-delà dans la vie professionnelle. La compréhension des émotions, de leur impact à la fois sur le corps et le mental, la façon dont elles peuvent affecter nos capacités cognitives et relationnelles, tous ces thèmes et davantage sont abordés au sein du programme Peace et sont l’une des clés de voûte de toute amélioration du comportement scolaire.

Les adolescents rapportent aussi utiliser certains exercices pour s’endormir, avant des évaluations ou des compétitions. La grande majorité des classes participantes et des enseignants a pu ainsi noter un climat plus paisible et propice à l’enseignement ainsi qu’une amélioration de l’attention et de la concentration.

Le programme Peace suit une trame somme toute logique: apprivoiser le corps, le souffle, les émotions, les pensées, ce afin de favoriser, initialement, les capacités cognitives telles que l’attention, la concentration, la mémorisation et clarté d’expression.

Une bienveillante neutralité en réponse à la violence en milieu scolaire

Cependant, à terme, nous souhaitons observer les effets sur le vivre ensemble et la citoyenneté. A l’origine, ce programme est un programme ‘citoyen’. Il s’agit de favoriser l’exercice de la bienveillance attentive et consciente. La bienveillance se cultive, elle est rarement innée. Elle se choisit et est une arme puissante qui peut contrebalancer davantage que le stress des enseignants, des éducateurs et des étudiants! La bienveillance ou bienveillante neutralité est un outil de médiation puissant dans la résolution des conflits.

En milieu scolaire, nous parlons de plus en plus de violence et d’harassement. Ces phénomènes croissants ne se limitent pas aux zones dites à risque et défavorisées. Les causes en sont multi-factorielles: explosion de l’unité familiale, conflits culturels et religieux, prédominance des écrans, contenu médiatique illustrant la violence et les scénarios de survie, coût de la vie et stress financier des parents, etc. Toujours est-il que de plus en plus d’enfants reçoivent une certaine forme de violence environnementale et intime en héritage. Cette violence imprègne peu à peu leur système émotionnel et mental puis tôt ou tard influence leur psyché, leurs actes et jusqu’à leur ressenti corporel. Qui n’a jamais senti cette contraction, cette brûlure autour du diaphragme lorsque la colère se manifeste par exemple? Ou la fameuse peur au ventre, boule à la gorge, oppression respiratoire quand vous êtes interrogé … ?

Comment pouvons-nous modifier cet enchainement psycho-somatique si nous ne prenons pas en compte la chaine complète de somatisation et de manifestation? Lorsque la violence ou la peur, ou d’autres combinaisons explosives se sont imprégnées dans notre structure psychique, le cerveau crée un phénomène de dépendance assez semblable à celui qui se forme lorsqu’il y a prise de substances. Le phénomène peut être contenu, voir en apparence supprimé grâce un mécanisme inhibiteur mais le processus de somatisation est en route. Il suffira parfois d’un seul événement déclencheur (trigger en anglais) pour que la bombe à retardement explose.

Malheureusement, le milieu scolaire regorge de tels déclencheurs:  une suite de sarcasmes, l’exclusion d’une bande, la perte d’une amitié, de mauvais résultats, un enseignant stressé ou qui fait figure de transfert parental, les nombreuses injustices réelles ou ressenties, la mise à l’écart, la comparaison incessante des situations personnelles, matérielles, etc. L’établissement scolaire peut reproduire et amplifier le malaise qu’un jeune expérimente dans sa famille et reproduire une dynamique interpersonnelle basée sur le principe de la punition ou de la récompense, de l’inclusion ou de l’exclusion. Ainsi la situation d’apprentissage devient-elle synonyme de la non-acceptation de la différence et de l’individualité du processus, du déni même de la situation personnelle vécue à l’extérieur de l’école.

De même, l’environnement scolaire peut aussi faire la différence et devenir un facteur salvateur pour l’enfant. Certains enseignants, de par leur présence, passion, écoute, ont permis à des jeunes de trouver une voie, de reprendre confiance en eux, de sortir d’une spirale de violence et d’exclusion. Certains directeurs, directrices ont envie de non seulement éduquer et suivre le programme mais aussi de faire de leur école un lieu d’apprentissage de la vie et des relations, au sens le plus noble du terme. Ils, elles osent croire que l’école peut être un lieu d’épanouissement, un lieu d’éducation à l’intériorité, un lieu où l’on apprend à être soi et à développer la bienveillance envers autrui, le respect envers ses enseignants, envers l’environnement. Un lieu où l’on devient un citoyen responsable, ouvert au multi-culturalisme et aux différences qui sont à présent l’apanage de nos sociétés et environnements professionnels.

« Connais-toi toi même… »

Le programme Peace a été conçu avec l’espoir de contribuer à l’éclosion de futurs citoyens qui auront envie de tenter l’aventure de la collaboration, de l’inclusion, de la tolérance et enfin de la paix. Or, il s’avère impossible de participer à l’avènement d’une société différente si nous ne parvenons pas à identifier la nature de nos émotions ni à comprendre comment fonctionnent notre corps et notre cerveau.

Cet apprentissage essentiel des composantes communes à chaque être humain: le corps, les émotions, les pensées; l’universalité de leur fonctionnement et leur inter-connectivité et inter-dépendance, cet apprentissage est sous-évalué dans nos sociétés occidentales, voire renié.

A l’évocation du seul mot ‘méditation’, de nombreuses résistances, peurs, critiques, fusent immédiatement. Pourtant, la méditation en action est pratiquée depuis des millénaires, par toutes les grandes traditions et spiritualité. Essentiellement, méditer, c’est ‘cultiver son esprit’, c’est apprendre à décoder son fonctionnement pour peu à peu l’apprivoiser. Nous avons pu constater, dans de nombreux pays tels que le Royaume-Uni, le Canada, les Etats-Unis*, que l’application ludique, sans contexte spirituel ou religieux, de programmes séculiers tels que Peace, permettait aux jeunes de mieux contrôler les émotions ressenties comme toxiques, de mieux gérer leur stress, de développer une meilleure immunité environnementale et des capacités pro-sociales.

La France suit timidement, pourtant l’expérience de notre association et d’autres telles ‘Enfance et Attention’ tend à démontrer qu’il existe une importante volonté de participer à l’avènement d’une éducation plus centrée sur les valeurs humaines telles que l’altruisme. C’est aussi le sujet d’un colloque en septembre 2015, intitulé « Humanisme et Mindfulness« . L’objet de cette rencontre entre philosophes, scientifiques, éducateurs, écrivains, réalisateurs est de:  » de contribuer au dialogue et à la coopération pour une intégration authentique et harmonieuse de la Mindfulness dans l’éducation ».

Nous ne pouvons pas directement changer les autres, l’environnement, la société, mais nous pouvons influer et choisir notre climat intérieur. De même que la violence, la peur, la ségrégation, le racisme s’infiltrent progressivement dans la psyché et tentent de la contrôler, ce par un conditionnement progressif, de même la confiance, le calme, la centration, la concentration, la tolérance et la bienveillance , s’apprennent et peuvent, à terme, devenir une habitude, une envie, une inclinaison propices à la transformation de nos relations et de notre bien-être individuel.

Candice Marro – présidente Association A.M.E

* Programme Mind Up au Canada – extrait de l’article ‘Le Monde’: La Colombie-Britannique, qui forme les enseignants volontaires au programme MindUp, a fait du développement personnel et social l’un des fondamentaux à acquérir au même titre que le lire-écrire-compter cher à l’éducation nationale en France. « Auparavant, les recruteurs recherchaient des têtes bien pleines ; aujourd’hui, ils veulent aussi des compétences humaines de contrôle de soi et de travail en équipe », observe Kimberly Schonert-Reichl.

 

Le programme Peace dans l’enseignement : les possibles bienfaits de l’apprentissage de la méditation, de la pleine conscience et de la pleine présence.

Le programme Peace dans l’enseignement : les possibles bienfaits de l’apprentissage de la méditation, de la pleine conscience et de la pleine présence.

L’expérience pilote ‘Peace’

Depuis novembre 2014, nous expérimentons dans plusieurs établissements un programme pilote de 10 semaines de méditation minimum, dans le respect de la laicité propre à l’éducation nationale en France.

Ce programme a été baptisé: Peace. Initialement: ‘Pratique de l’Ecoute et de l’Attention Consciente à l’Ecole’. Depuis, en tenant compte des feedbacks et réflexions menées avec nos partenaires et établissements, nous l’avons redéfinit. Peace est devenu pratique de la Présence, de l’Ecoute, de l’Attention et de la Concentration dans l’Enseignement’.

Ce programme s’adresse aussi bien à l’école (maternelle, primaire) qu’à l’enseignement supérieur. Nous avons pu commencer à observer les effets d’une telle pratique de 10 minutes en début de cours, au sein de la classe et en présence des enseignants qui participent, ce non seulement avec des enfants de maternelle et primaire mais aussi avec des collégiens et bientôt des lycéens. Certains de nos instructeurs qualifiés ou en voie de qualification – nous formons à présent au programme Peace afin de répondre aux demandes croissantes- forment et transmettent également ce genre d’approche au sein de l’enseignement supérieur, dans les milieux sportifs et dans les entreprises.

Le programme Peace réunit des pratiques complémentaires sous forme d’un programme évolutif de 10 semaines minimun. Nous nous inspirons aussi bien du programme de pleine conscience développé par Jon Kabat-Zinn que des outils issus du brain gym et de l’EFT. Chaque séquence comporte en outre des exercices de yoga ou de Chi Gong, pratiques millénaires réputées pour leurs nombreux bienfaits en matière d’ancrage, de coordination, de centration de l’attention grâce au mouvement, ainsi que de l’harmonisation entre le corps et les pensées.

Cette combinaison est le fruit d’un travail collaboratif entre des instructeurs passionnés et expérimentés dans leurs domaines particuliers. Cet effort de synthèse et d’enchainement harmonieux a donné lieu à une méthodologie unique, qui ne cesse de s’enrichir de nos rencontres et interventions au sein des établissements ou en formation.

Nous portons une attention particulière au vocabulaire employé et à l’adaptation des séquences par groupe d’âge et objectif: ainsi, les plus petits aiment les exercices ludiques et similaires qu’ils peuvent répéter avec leurs parents et famille. Dès les classes de cours moyen en primaire, nous constatons que les enfants s’intéressent particulièrement à tout ce qui leur permet de mieux comprendre et agir sur leurs émotions. Ceci continue jusque dans l’enseignement secondaire et au-delà dans la vie professionnelle. La compréhension des émotions, de leur impact à la fois sur le corps et le mental, la façon dont elles peuvent affecter nos capacités cognitives et relationnelles, tous ces thèmes et davantage sont abordés au sein du programme Peace et sont l’une des clés de voûte de toute amélioration du comportement scolaire.

Les adolescents rapportent aussi utiliser certains exercices pour s’endormir, avant des évaluations ou des compétitions. La grande majorité des classes participantes et des enseignants a pu ainsi noter un climat plus paisible et propice à l’enseignement ainsi qu’une amélioration de l’attention et de la concentration.

Le programme Peace suit une trame somme toute logique: apprivoiser le corps, le souffle, les émotions, les pensées, ce afin de favoriser, initialement, les capacités cognitives telles que l’attention, la concentration, la mémorisation et clarté d’expression.

Une bienveillante neutralité en réponse à la violence en milieu scolaire

Cependant, à terme, nous souhaitons observer les effets sur le vivre ensemble et la citoyenneté. A l’origine, ce programme est un programme ‘citoyen’. Il s’agit de favoriser l’exercice de la bienveillance attentive et consciente. La bienveillance se cultive, elle est rarement innée. Elle se choisit et est une arme puissante qui peut contrebalancer davantage que le stress des enseignants, des éducateurs et des étudiants! La bienveillance ou bienveillante neutralité est un outil de médiation puissant dans la résolution des conflits.

En milieu scolaire, nous parlons de plus en plus de violence et d’harassement. Ces phénomènes croissants ne se limitent pas aux zones dites à risque et défavorisées. Les causes en sont multi-factorielles: explosion de l’unité familiale, conflits culturels et religieux, prédominance des écrans, contenu médiatique illustrant la violence et les scénarios de survie, coût de la vie et stress financier des parents, etc. Toujours est-il que de plus en plus d’enfants reçoivent une certaine forme de violence environnementale et intime en héritage. Cette violence imprègne peu à peu leur système émotionnel et mental puis tôt ou tard influence leur psyché, leurs actes et jusqu’à leur ressenti corporel. Qui n’a jamais senti cette contraction, cette brûlure autour du diaphragme lorsque la colère se manifeste par exemple? Ou la fameuse peur au ventre, boule à la gorge, oppression respiratoire quand vous êtes interrogé … ?

Comment pouvons-nous modifier cet enchainement psycho-somatique si nous ne prenons pas en compte la chaine complète de somatisation et de manifestation? Lorsque la violence ou la peur, ou d’autres combinaisons explosives se sont imprégnées dans notre structure psychique, le cerveau crée un phénomène de dépendance assez semblable à celui qui se forme lorsqu’il y a prise de substances. Le phénomène peut être contenu, voir en apparence supprimé grâce un mécanisme inhibiteur mais le processus de somatisation est en route. Il suffira parfois d’un seul événement déclencheur (trigger en anglais) pour que la bombe à retardement explose.

Malheureusement, le milieu scolaire regorge de tels déclencheurs:  une suite de sarcasmes, l’exclusion d’une bande, la perte d’une amitié, de mauvais résultats, un enseignant stressé ou qui fait figure de transfert parental, les nombreuses injustices réelles ou ressenties, la mise à l’écart, la comparaison incessante des situations personnelles, matérielles, etc. L’établissement scolaire peut reproduire et amplifier le malaise qu’un jeune expérimente dans sa famille et reproduire une dynamique interpersonnelle basée sur le principe de la punition ou de la récompense, de l’inclusion ou de l’exclusion. Ainsi la situation d’apprentissage devient-elle synonyme de la non-acceptation de la différence et de l’individualité du processus, du déni même de la situation personnelle vécue à l’extérieur de l’école.

De même, l’environnement scolaire peut aussi faire la différence et devenir un facteur salvateur pour l’enfant. Certains enseignants, de par leur présence, passion, écoute, ont permis à des jeunes de trouver une voie, de reprendre confiance en eux, de sortir d’une spirale de violence et d’exclusion. Certains directeurs, directrices ont envie de non seulement éduquer et suivre le programme mais aussi de faire de leur école un lieu d’apprentissage de la vie et des relations, au sens le plus noble du terme. Ils, elles osent croire que l’école peut être un lieu d’épanouissement, un lieu d’éducation à l’intériorité, un lieu où l’on apprend à être soi et à développer la bienveillance envers autrui, le respect envers ses enseignants, envers l’environnement. Un lieu où l’on devient un citoyen responsable, ouvert au multi-culturalisme et aux différences qui sont à présent l’apanage de nos sociétés et environnements professionnels.

« Connais-toi toi même… »

Le programme Peace a été conçu avec l’espoir de contribuer à l’éclosion de futurs citoyens qui auront envie de tenter l’aventure de la collaboration, de l’inclusion, de la tolérance et enfin de la paix. Or, il s’avère impossible de participer à l’avènement d’une société différente si nous ne parvenons pas à identifier la nature de nos émotions ni à comprendre comment fonctionnent notre corps et notre cerveau.

Cet apprentissage essentiel des composantes communes à chaque être humain: le corps, les émotions, les pensées; l’universalité de leur fonctionnement et leur inter-connectivité et inter-dépendance, cet apprentissage est sous-évalué dans nos sociétés occidentales, voire renié.

A l’évocation du seul mot ‘méditation’, de nombreuses résistances, peurs, critiques, fusent immédiatement. Pourtant, la méditation en action est pratiquée depuis des millénaires, par toutes les grandes traditions et spiritualité. Essentiellement, méditer, c’est ‘cultiver son esprit’, c’est apprendre à décoder son fonctionnement pour peu à peu l’apprivoiser. Nous avons pu constater, dans de nombreux pays tels que le Royaume-Uni, le Canada, les Etats-Unis*, que l’application ludique, sans contexte spirituel ou religieux, de programmes séculiers tels que Peace, permettait aux jeunes de mieux contrôler les émotions ressenties comme toxiques, de mieux gérer leur stress, de développer une meilleure immunité environnementale et des capacités pro-sociales.

La France suit timidement, pourtant l’expérience de notre association et d’autres telles ‘Enfance et Attention’ tend à démontrer qu’il existe une importante volonté de participer à l’avènement d’une éducation plus centrée sur les valeurs humaines telles que l’altruisme. C’est aussi le sujet d’un colloque en septembre 2015, intitulé « Humanisme et Mindfulness« . L’objet de cette rencontre entre philosophes, scientifiques, éducateurs, écrivains, réalisateurs est de:  » de contribuer au dialogue et à la coopération pour une intégration authentique et harmonieuse de la Mindfulness dans l’éducation ».

Nous ne pouvons pas directement changer les autres, l’environnement, la société, mais nous pouvons influer et choisir notre climat intérieur. De même que la violence, la peur, la ségrégation, le racisme s’infiltrent progressivement dans la psyché et tentent de la contrôler, ce par un conditionnement progressif, de même la confiance, le calme, la centration, la concentration, la tolérance et la bienveillance , s’apprennent et peuvent, à terme, devenir une habitude, une envie, une inclinaison propices à la transformation de nos relations et de notre bien-être individuel.

Candice Marro – présidente Association A.M.E

* Programme Mind Up au Canada – extrait de l’article ‘Le Monde’: La Colombie-Britannique, qui forme les enseignants volontaires au programme MindUp, a fait du développement personnel et social l’un des fondamentaux à acquérir au même titre que le lire-écrire-compter cher à l’éducation nationale en France. « Auparavant, les recruteurs recherchaient des têtes bien pleines ; aujourd’hui, ils veulent aussi des compétences humaines de contrôle de soi et de travail en équipe », observe Kimberly Schonert-Reichl.